Le projet de la construction des murs aux frontières de l'Europe, annoncé par de nombreux États de l’Union européenne (UE) afin de circonscrire les flux migratoires, continue à susciter les débats. Entre le refus affiché par le Conseil de l’Europe à ce projet, et l’insistance de certains États à ne pas faire marche arrière, voilà que l'Allemagne, un État pivot de l'UE, se penche sur la question.

Face aux flux migratoires enregistrés ces derniers mois, certains pays de l’Union européenne (UE) ont suggéré récemment de construire des murs à leurs frontières pour empêcher la rentrée des migrants sur leurs territoires. Pour cela, les pays en question ont réclamé à Bruxelles de l’argent pour financer ce projet controversé.

Alors que la demande de financement des murs à leurs frontières a reçu un refus par Bruxelles, voilà que le ministre de l’Intérieur de l’Allemagne fait une annonce, le dimanche 24 octobre, qui remet en cause la décision de l'UE à propos de ce projet controversé.

L’Allemagne « favorable » à la construction des murs aux frontières de l’UE

En effet, le ministre de l'Intérieur allemand Horst Seehofer a jugé, le dimanche 24 octobre, « légitime » de vouloir protéger ses frontières, alors que des États européens réclament l'aide de l'UE pour ériger des murs de barbelés et empêcher l'arrivée massive de migrants, rapporte l’AFP. « Il nous semble légitime de protéger la frontière extérieure (de l'UE, NDLR) de façon à empêcher les passages clandestins », affirme en effet le ministre allemand au journal Bild.

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Horst Seehofer a également prévenu que « les contrôles à la frontière avec la Pologne allaient être renforcés, et que des forces de police, fortes de 800 personnes, avaient déjà été déployées pour cela ». Et « si cela est nécessaire, je suis prêt à les renforcer encore davantage », a-t-il assuré.

Pour rappel, les ministres de l'Intérieur de 12 pays (Autriche, Bulgarie, Chypre, Danemark, Estonie, Grèce, Hongrie, Lituanie, Lettonie, Pologne et République tchèque, Slovaquie) ont écrit le 8 octobre à la Commission pour demander à l'UE de financer ces constructions.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a répondu le 22 octobre que l'Union européenne ne financerait pas « de barbelés et de murs » aux frontières. Toutefois, la sortie du ministre allemand de l’Intérieur pourrait éventuellement changer la donne, au vu du poids politique et surtout économique de l’Allemagne au sein de l’UE.