Tout le monde veut exercer le métier d’importateur en Algérie, tellement ce secteur, très lucratif, a toujours constitué une source d’enrichissement et parfois au détriment des règles commerciales et réglementaires. D’ailleurs on évoque souvent le recours aux prête-noms et parfois même à des personnes décédées par certains importateurs, afin de se soustraire aux contrôles et échapper à des poursuites en cas d’infraction.

C’est ce qu’on appelle dans le jargon du commerce les importateurs fictifs. Une question abordée le 25 octobre par le ministre du Commerce, Kamel Rezig, lors d’une journée d’étude sur « le rôle des médias dans la promotion des exportations hors hydrocarbures », organisée à Blida.

Le ministre du Commerce a révélé devant l’assistance composée essentiellement d’opérateurs dans l’import-export, que les services de son département ont recensé plus de 6000 importateurs « fictifs » exerçant à l’échelle nationale. « Nous avons recensé ces dernières années plus de 6000 importateurs qui exercent avec un registre de commerce fictif où sous prête-nom », affirme le ministre cité par le site de la Radio algérienne.

Le nombre d’importateurs est réduit de 45'000 à 15'000 en trois ans

Le ministre a indiqué que « les mesures prises par le gouvernement pour épurer le secteur des importations  au cours des années 2016, 2017 et 2018 ont permis de réduire le nombre d'importateurs au niveau national de 45'000 à 15'000 » et que « le nombre devrait être réduit  à 9'000 importateurs dans les prochains jours ».

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Le ministre a annoncé que « les enquêtes entamées dans le cadre de l’épuration de la liste des importateurs ont dévoilé de nombreux dépassements ». Kamel Rezig a révélé à ce propos qu’« un importateur a pu importer à lui seul plus de 400 marques dans différentes filières avec le même registre du commerce ».

Vers l’élaboration du registre du commerce propre à l’exportateur

Kamel Rezig a annoncé également que « plus de 3,3 milliards de dollars ont été engrangés, durant les neuf derniers mois, des exportations hors hydrocarbures » tout en évoquant « l’élaboration du registre du commerce propre à l’exportateur, de façon à lui permettre d’exporter les quantités qu’il souhaiterait ».

« La donne est, aujourd’hui, en faveur de l’exportateur. Avant, on entendait parler que de l’importation, et on prêtait peu d’intérêt à l’exportation. C’est fini avec cette approche suicidaire qui dévalorise les énormes potentialités du pays », explique encore le ministre du Commerce.