Le projet de construction de murs aux frontières de l'Europe, annoncé récemment par de nombreux États de l'Union européenne afin de circonscrire les flux migratoires, est désormais une réalité, en dépit du refus affiché par le Conseil de l'Europe.

Le 8 octobre dernier, 12 pays de l'Union européenne – l'Autriche, la Bulgarie, Chypre, le Danemark, l'Estonie, la Grèce, la Hongrie, la Lituanie, le Lettonie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie – ont écrit à la Commission européenne pour demander de financer la construction de murs à leurs frontières pour arrêter les flux migratoires.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a répondu le 22 octobre que l'Union européenne ne financerait pas « de barbelés et de murs » aux frontières. Toutefois, le refus affiché par l'UE pour financer ce projet n'a pas découragé ses promoteurs d'aller jusqu'au bout.

La Pologne va construire un mur à sa frontière avec la Biélorussie

En effet, la Pologne est le premier pays de l'UE à passer à l'acte, à la suite du feu vert accordé par le parlement à la réalisation de ce projet controversé. Le Parlement polonais a donné, le 29 octobre, son feu vert définitif au projet gouvernemental de construction d'un mur à la frontière avec la Biélorussie pour empêcher les migrants et les réfugiés de passer en Pologne, rapporte l'AFP.

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Le coût du mur est évalué à 353 millions d'euros et il doit s'étendre sur plus de cent kilomètres à la frontière orientale de l'Union européenne. Le président polonais Andrzej Duda avait annoncé qu'il allait promulguer cette loi dès qu'elle sera approuvée par le Parlement. Chose désormais faite, puisqu'avec ce quitus accordé par son parlement, le gouvernement de la Pologne peut désormais entamer les travaux de la construction de ce mur au long de la frontière séparant le pays de son voisin biélorusse.

Des milliers de migrants, pour la plupart originaires du Moyen-Orient, ont traversé ou tenté de traverser la frontière à partir de la Biélorussie depuis l'été, selon l’AFP. En réponse, la Pologne a imposé l'état d'urgence dans la zone frontalière, y a dépêché des milliers de soldats et légalisé la pratique controversée du refoulement direct, ajoute la même source.