Malgré que le marché pétrolier est souvent soumis à des événements imprévisibles, les analystes restent optimistes quant aux perspectives de ce marché. En effet, plusieurs banques tablent sur une hausse significative des prix en 2022. Parmi elles la banque d'investissement JP Morgan, qui prévoit un baril à 125 dollars l'année prochaine.

Ainsi, le marché pétrolier commence à sortir la tête de l'eau après quelques années de disette. La banque d'investissement JP Morgan a déclaré la semaine dernière que ses analystes pensent que les prix du pétrole pourraient atteindre 125 dollars le baril en 2022. En début de semaine, la banque d'investissement a publié ses Perspectives 2022, qui prévoient une économie mondiale forte soutenue par des prix du pétrole élevés. La question est de savoir dans quelle mesure les opérateurs prendront au sérieux de telles prévisions pour savoir comment ils doivent agir maintenant.

La banque américaine a annoncé que 2022 marquera la fin de la pandémie et permettra à l'économie mondiale d'effacer les dernières séquelles de la crise. Dans ses prévisions pour l'année à venir, elle affirme que de nouveaux vaccins et thérapies devraient se traduire par « une forte reprise cyclique, un retour de la mobilité mondiale et un déblocage de la demande en suspens chez les consommateurs ». Il faut dire aussi que le conflit armé entre la Russie et l'Ukraine peut impacter les marchés pétroliers et faire flamber les prix. Cette perspective est confirmée par un sous-secrétaire d'État américain qui vient de prévenir que le renforcement militaire de la Russie en dehors de l'Ukraine est encore plus important que lorsqu'elle a envahi la Crimée en 2014. Ainsi, la Russie, qui est actuellement le troisième plus grand producteur de pétrole au monde, pourrait potentiellement faire face à une sorte de sanctions sur son pétrole de la part des États-Unis à la suite d'une action militaire en Europe.

Pétrole et pandémie : il faut relativiser l'optimisme

Par ailleurs, il faut relativiser l'optimisme de la banque américaine étant donné que plusieurs facteurs restent inconnus. Même si le marché montre maintenant un manque d'inquiétude concernant les impacts économiques potentiels d'Omicron, l'évolution de la pandémie reste inconnue. L'Agence d'information sur l'énergie (EIA) s'attend à ce que moins de pétrole soit tiré des stocks mondiaux de pétrole brut, en décembre 2021, que prévu précédemment. L'AIE a récemment révisé à la baisse de 550'000 barils par jour ses prévisions de demande mondiale pour le premier trimestre 2022. Cette baisse des prévisions de la demande pourrait contribuer à empêcher une trop forte hausse des prix du pétrole.