Contre toute attente, les autorités marocaines ont décidé de prolonger la fermeture des frontières jusqu'au 31 décembre. Pour beaucoup de Marocains et d'Européens, les fêtes de fin d'année au Maroc sont tombées à l'eau. Pour les intervenants dans le secteur du tourisme, c'est le chaos, surtout au Maroc.

La fermeture des frontières marocaines est finalement prolongée jusqu'au 31 décembre à 23h59. C'est la Direction générale de l'aviation civile marocaine qui a annoncé cette nouvelle qui a déplu aux responsables des hôtels, des agences de voyages, des compagnies aériennes et maritimes et aussi à tous les intervenants dans le secteur du tourisme, qui représentait avant la pandémie 6 à 10 % du PIB du Maroc et quelque 500 000 emplois.

La compagnie aérienne Royal Air Maroc a affirmé qu'elle s'engageait à accompagner ses clients durant cette période. Comment ? Elle a indiqué qu'elle autoriserait le changement et le remboursement des billets, selon des options précises pour tout billet avec une date de voyage initiale allant du 9 au 31 décembre 2021.

Coup dur pour le tourisme marocain

Pour les intervenants dans l'activité touristique, c'est l'hécatombe. Ceux exerçant à partir des pays européens, particulièrement en France, souffrent également de cette décision qui annule tous les voyages programmés à l'occasion des fêtes de fin d'année. Mais au Maroc, notamment dans les régions vivant du tourisme, c'est pire. « Nous sommes très déçus par la prolongation de la fermeture, après encore de faux espoirs et malgré les appels de toute la profession à sauver notre économie », lance avec beaucoup d'amertume le responsable d'un hôtel de la ville touristique de Marrakech. Avec dépit, un autre hôtelier du nord du pays s'interroge : « combien d'acteurs vont fermer leurs portes par lassitude ou par difficultés financières ? ».

Il est vrai que même sans prolongation de la fermeture des frontières au-delà du 13 décembre, il n'était plus possible de sauver les fêtes de fin d'année, beaucoup considèrent qu'une réouverture aurait permis de maintenir un peu d'activité. Parce que pour l'industrie marocaine, la souffrance est totale, et elle le clame publiquement. L'agacement est plus que palpable pour une filière à bout de souffle, comme celle des bus et cars de tourisme. D'ailleurs, des centaines d'acteurs de la filière ont manifesté devant le ministère du Tourisme.

« Depuis le début de la crise, les transporteurs touristiques ont beaucoup manifesté. Et dernièrement ils ont été rejoints par les hôteliers et les agences de voyages », affirme en outre la responsable d'une agence de voyages, basée à Tanger. La patronne d'une autre agence de voyages ne cache plus sa colère, car « à ce rythme, les prestataires vont tous mettre la clé sous la porte ». La contestation est en train de se généraliser. Au départ, ce sont les transporteurs qui manifestaient, mais ils ont vite été rejoints par les hôteliers et les agences de voyages. Ils ne comprennent pas ce paradoxe qui leur fait dire que les autorités ont bien géré la crise sanitaire, mais ont complètement négligé le tourisme.

Pourtant, cette crise, qui dure depuis près de deux années, risque d'emporter jusqu'à 50 % des prestataires de toutes les filières touristiques. Il est vrai que l'administration du Makhzen a promis des aides dans le cadre d'un plan de relance, mais les acteurs n'ont rien vu venir. Au point où beaucoup d'intervenants ont carrément changé de métier pour survivre.