Après une période où les réserves de change de l’Algérie ont fondu, la hausse des prix du pétrole a sauvé la trésorerie. Selon les chiffres de la Banque d’Algérie, les réserves de change ont atteint 44,724 milliards de dollars fin septembre 2021, grâce à un fort recul du déficit de la balance commerciale.

Ce chiffre annoncé par le gouverneur de la Banque d'Algérie (BA), Rostom Fadhli, révèle l'impacte important de la hausse des prix du pétrole. Ainsi, grâce à cette hausse, le déficit de la balance commerciale est passé de 10,504 milliards de dollars fin septembre 2020 à 1,571 milliard de dollars fin septembre 2021. « Ce recul important du déficit est dû principalement à la forte hausse des exportations de biens qui sont passés de 16,240 milliards de dollars en fin septembre 2020 à 26,402 milliards de dollars en fin septembre 2021, soit +62,3 % », a expliqué M. Fadhli.

Il faut dire que sur les quatre premiers mois de l’année 2021, les réserves de changes ont continué à baisser pour atteindre 44 milliards de dollars, soit une baisse d’environ 4 milliards de dollars sur les quatre premiers mois de l’année. Cette érosion a pris fin au mois d'avril grâce à une meilleure rentabilité du baril de Brent. Ces réserves de change qui endiguent les déficits budgétaires sont restées stables depuis la remontée des prix du pétrole et également en raison de plusieurs mesures bancaires et administratives pour diminuer l'importation. Le gouvernement entend ramener la valeur des importations de marchandises, cette année, à environ 30 milliards de dollars, contre une facture de 34,4 milliards de dollars en fin décembre 2020.

Dans sa quête de rétablir la viabilité des comptes extérieurs, le gouvernement est avantagé cette année par une remontée spectaculaire des prix du pétrole, culminant à plus de 70 dollars le baril, contre des prix historiquement plus bas de 17 dollars le baril enregistrés en avril 2020.

Cependant, il faut souligner que les mesures prises pour réduire la facture de l'importation ont eu un impacte négatif sur le citoyen dans plusieurs domaines. Des pénuries de médicaments sont régulièrement signalées. Des secteurs économiques sont partiellement bloqués. Ces mesures, même si elles réduisent le déficit budgétaire, elles impactent négativement la vie des citoyens et de certaines entreprises.