Le gouvernement français a reçu un véritable coup de massue à l'Assemblée nationale. L’examen du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal a fait l’objet d’une suspension surprise. Une majorité des députés a refusé par un vote à main levée la poursuite des débats. Une décision qui va chambouler le calendrier du gouvernement, qui s'attendait à ce que le texte passe comme une lettre à la poste.

Désormais, le gouvernement est freiné dans son élan pour transformer le pass sanitaire en pass vaccinal. En effet, si le pass sanitaire, déjà exigé dans de nombreux lieux en France, permet de prouver qu'on est immunisé ou qu'on n'est pas infecté par le Covid (en présentant soit un schéma vaccinal complet, soit le résultat négatif d'un test, soit un certificat de rétablissement), le pass vaccinal va plus loin en imposant une première injection ainsi qu'une dose de rappel dans un délai de 4 mois.

Suspension des débats sur le pass vaccinal

Les débats sur ce nouveau texte ont été suspendus notamment en raison des débats houleux du lundi soir sur l'épineuse question du pass vaccinal pour les mineurs dès 12 ans et les restrictions susceptibles d'être imposées aux jeunes non-vaccinés.

Ainsi, le gouvernement français, qui veut encore accentuer la pression sur les près de 5 millions de Français de 12 ans et plus non-vaccinés, a trouvé une opposition qui a chamboulé ses plans.

La suspension des débats a été salué comme une victoire par l'opposition. « C’est un camouflet pour le gouvernement », s’est réjoui le député LR Julien Aubert, tandis que Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis, s’est félicité d’une « correction » infligée au ministre de la Santé Olivier Véran.

Ce ministre avait auparavant sollicité l’accord de l’hémicycle pour poursuivre les débats après l’heure normale de clôture de l’Assemblée prévue à minuit. Mais cette simple formalité, qui devait emmener les députés dans un examen-marathon jusqu’au petit matin, s’est transformée en nouveau couac qui fait désordre en pleine campagne présidentielle.

Le gouvernement français ne désespère pas de faire adopter le pass vaccinal dans les temps

Cette suspension a fait réagir le gouvernement. Son porte parole, Gabriel Attal, a affirmé sur les ondes de la radio France Inter : « On a vu hier soir une forme d'amicale de l'irresponsabilité se constituer avec les députés de La France insoumise (extrême gauche), du Rassemblement national (extrême droite) et les députés LR (Les Républicains, droite), pour faire un coup de procédure, pour essayer de faire dérailler le calendrier de l'adoption du pass vaccinal ».

Il a assuré que même si les oppositions « manifestement ont réussi » leur « coup », « on va tout faire pour tenir au plus près le calendrier qui était prévu ». Ainsi donc, ce gouvernement ne désespère pas que le texte soit adopté dans les temps.

Il faut souligner qu'il reviendra à la conférence des présidents des groupes parlementaires de l'assemblée française, qui se réunira ce 4 Janvier, d’inscrire la suite de l’examen du texte à l’agenda de l’Assemblée.