La crise sanitaire continue à défrayer la chronique, à animer les discussions dans les marchés, les cafés maures et les foyers. Elle alimente aussi des rumeurs qui font peur, particulièrement aux ressortissants algériens établis en Europe, qui n'ont pas encore eu l'occasion de rentrer en Algérie et de rendre visite à leurs familles.

La rumeur la plus folle qui refait surface régulièrement reste celle qui annonce une nouvelle décision de fermer les frontières aériennes et maritimes. C'est que, pour les Algériens d'Europe qui n'ont pas eu l'occasion de rentrer en Algérie depuis l'apparition du coronavirus, la fermeture des frontières algériennes a été une terrible épreuve qui a empêché nombre d'entre eux d'assister aux funérailles de leurs proches.

Donc, il suffit que l'information à propos d'une éventuelle fermeture des frontières apparaisse, que les réseaux sociaux s'enflamment. Parfois, les organismes concernés sont contraints d'intervenir pour démentir et mettre fin à la circulation de la rumeur. Et cela ne marche pas toujours, dans la mesure où la rumeur circule très rapidement alors que le démenti peine toujours à prendre le même chemin que la fausse information.

Frontières algériennes : Le Comité scientifique s'est-il prononcé ?

Mais la fermeture des frontières est-elle une option en Algérie ? Huit mois après la réouverture partielle décidée le 1er juin 2021 ? Tout porte à croire que cela n'est pas envisageable pour des raisons sanitaires, mais aussi en raison d'un environnement international hostile à toute idée de fermeture des frontières. Il est vrai que le contexte d'aujourd'hui ne permet pas vraiment d'évoquer cette option, notamment en raison des retombées économiques importantes que cela pourrait produire.

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En effet, si l'Algérie ne referme pas ses frontières, c'est déjà parce que le Comité scientifique de suivi de la pandémie ne l'a pas encore recommandé. En réalité, si ce comité rattaché au ministère algérien de la Santé n'a pas recommandé une nouvelle fermeture des frontières, c'est que ses membres considèrent que cette option n'est pas nécessaire dans les circonstances actuelles.

D'ailleurs, plusieurs spécialistes membres de ce Comité n'ont pas manqué de s'exprimer sur la question, arguant que le virus circule déjà en Algérie et dans le monde. Donc, la fermeture des frontières sera tout simplement inutile. Mieux que cela, il est inconcevable que l'Algérie ferme ses frontières aériennes et maritimes, et même terrestres, à un moment où les cas de contamination enregistrent des baisses successives.

Omicron circule déjà en Algérie

Il est vrai que les contaminations pourraient remonter, mais l'absence de virulence constatée chez Omicron, devenu le variant le plus dominant en Algérie, n'encourage pas une réaction sévère. D'ailleurs, malgré les appels à la vigilance et au respect des mesures de prévention, les Algériens ne semblent pas inquiétés par l'idée de contracter le virus.

Aussi, il importe de relever que les conséquences économiques d'une fermeture des frontières et même d'un confinement sévère sont énormes, au niveau interne et international. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que quatre puissants organismes du transport international sont sortis de leur silence pour demander aux gouvernements de ne pas réimposer des restrictions aux frontières suite à l'apparition du variant Omicron. Il s'agit de l'IATA, de l'ICS, de l'IRU et de l'ITF, qui ont effectué une sortie médiatique au début du mois de décembre 2021.

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Le contexte international ne permet pas une fermeture des frontières

Et environ dix jours plus tard, le directeur général de l'Association de transport aérien international (IATA) est sorti de ses gonds pour dénoncer une réaction excessive face à Omicron. Dans un communiqué, Willie Walsh a appelé les gouvernements à annuler immédiatement les interdictions de voyager décidées à la suite de l'apparition du variant Omicron.

« Nous en savons beaucoup sur le virus et l'incapacité des restrictions de voyage à contrôler sa propagation. Mais la découverte de la variante Omicron a provoqué une amnésie instantanée chez les gouvernements qui ont mis en place des restrictions instinctives en violation totale des conseils de l'OMS, l'expert mondial », avait-il dénoncé dans le même communiqué.