La sélection russe de football, appelée à disputer en mars prochain les barrages de la Coupe du Monde 2022, zone Europe, est dans le collimateur de nombreuses fédérations de football en raison de l'attaque russe sur l'Ukraine. Certaines fédérations affirment déjà ne pas affronter les Russes dans le cadre des compétitions internationales alors que d'autres ont carrément demandé à la FIFA d'exclure la Russie du Mondial 2022.

L'invasion de l'Ukraine par l'armée russe n'a pas laissé insensibles les acteurs du football au niveau mondial. Fédérations internationales, clubs, joueurs ou instances organisatrices d'événements sont montés au créneau pour dénoncer la Russie. La première décision est venue de l'UEFA, qui a décidé, vendredi dernier, de délocaliser la prestigieuse finale de la Ligue des champions d'Europe prévue le 28 mai prochain de la ville russe de Saint-Pétersbourg au Stade de France.

La Pologne, la Suède et la République tchèque refusent d'affronter la Russie aux barrages du Mondial 2022

Depuis l'annonce, jeudi dernier, de l'entrée des premiers soldats de la Russie dans le territoire ukrainien, plusieurs pays européens ont annoncé leur intention de ne pas affronter la Russie lors des prochains matchs de barrages de la zone Europe, pour le Mondial 2022 de la FIFA, ou même lors d'autres compétitions sportives.

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C'est le cas de la fédération de football de la Pologne, qui a annoncé samedi 26 février par la voix de son président que sa sélection nationale n'envisage pas de jouer le match de barrage au Mondial contre la Russie, prévu le 24 mars à Moscou.

« Plus de mots, il est temps d'agir ! En raison de l'escalade de l'agression de la Russie contre l'Ukraine, l'équipe nationale polonaise n'a pas l'intention de jouer le match de barrage contre la République de Russie. C'est la seule bonne décision », a écrite le président de la Fédération polonaise de football, Cezary Kulesza, sur son compte Twitter, ajoutant et qu'il « travaille avec les fédérations suédoise et tchèque pour présenter une position commune à la FIFA ».

La Suède, qui pourrait affronter la Russie le 29 mars en finale des barrages du Mondial 2022 si les deux sélections gagnaient leur premier match, n'a pas tardé à s'aligner sur la position polonaise en annonçant qu'elle « refuserait s'affronter la Russie », ce, « quel que soit l'endroit où le match se jouera ».

La République tchèque, un autre potentiel adversaire des Russes en finale de barrage du prochain Mondial a, elle aussi, réagi ce dimanche 27 février, en annonçant que « le comité exécutif de la fédération tchèque, les membres du personnel et les joueurs de l'équipe nationale ont convenu qu'il n'était pas possible de jouer contre l'équipe nationale russe dans la situation actuelle, pas même sur un terrain neutre », selon un communiqué de la Fédération tchèque de football repris par l'AFP.

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La France demande à la FIFA d'exclure la Russie du Mondial 2022

La France, championne du monde en titre lors du Mondial 2018 disputé en Russie, s'est, elle, prononcée pour l'exclusion de la Russie de la prochaine Coupe du monde au Qatar. C'est ce qu'a affirmé en effet le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, ce dimanche 27 février dans une déclaration au journal Le Parisien.

« Je penche pour une exclusion de la Russie du prochain Mondial. C'est mon premier élan. Habituellement, j'estime que le sport est là pour réconcilier les peuples et apaiser les tensions. Mais là, cela va beaucoup trop loin. Et le monde du sport, et en particulier du football, ne peut pas rester neutre. Je ne m'opposerai certainement pas à une exclusion de la Russie », affirme-t-il sans ambages.

Que va décider la FIFA à l'égard de la Russie ?

Face à cette pression de plus en plus incessante de la part de nombreux pays, la FIFA n'a pas encore réagi d'une manière formelle. L'instance qui gère le football mondial s'est contentée de se dire « préoccupée face à une situation tragique et inquiétante en Ukraine », selon les propos de son président Gianni Infantino, tenus le jeudi 24 février.

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La FIFA ira-t-elle jusqu'à suspendre la Russie du prochain Mondial ? « Sur le plan juridique, la fédération internationale de football est légalement en mesure d'écarter la fédération russe si Gianni Infantino en a la volonté politique », affirme dans les colonnes du journal Le Monde l'avocat suisse Henry Peter, spécialiste du droit du sport et professeur à l'université de Genève.

« Le fondement principal d'une suspension doit être celui du respect des règles internationales en matière de droits humains et d'éthique, ce qui inclut le respect des conventions internationales. Cette exigence est fondamentale », explique Me Peter. « La FIFA pourrait notamment s'appuyer sur l'article 3 de ses statuts sur la défense et promotion des droits de l'homme pour sanctionner la fédération russe », ajoute-t-il.