Les agences d'Algérie Ferries à Paris, Marseille, Lille et Lyon ont été prises d'assaut dès l'annonce du début des réservations. Certaines ont même dû fermer en raison de l'anarchie, des bousculades et également de l'impossibilité de répondre à la demande. Cette situation est dénoncée par les Algériens résidant à l'étranger, notamment ceux qui sont en France. Ils sont dans une situation de flou total. Ces Algériens, qui veulent rentrer au pays, ne savent plus comment s'organiser pour les vacances.

En effet, ils sont nombreux à avoir décidé de rentrer passer les vacances en Algérie cet été, après plus de deux ans de blocage en raison de la crise sanitaire. Cependant, ils se retrouvent au milieu d'un cauchemar. Des clients d’Algérie Ferries ont carrément passé la nuit devant l’agence de Lyon et une bagarre a éclaté devant celle de Paris. Le site web de la compagnie maritime a été saturé, il était partiellement inaccessible durant toute la journée du 17 mai.

Ces Algériens se demandent où sont passées les promesses de hausse des vols et des dessertes maritimes et se demandent aussi pourquoi les billets sont toujours aussi chers. Lamara O. n'est pas venu en Algérie depuis 2018. Il a tant espéré pour cet été, en voulant réserver chez Algérie Ferries, il se rend compte que le voyage avec sa femme et trois enfants lui coûterait 3400 euros. Dépité, il compte annuler son voyage pour la quatrième année consécutive. Comme lui des milliers d’Algériens sont dans la même situation.

Situation humiliante pour les Algériens à l'étranger

Le député de l’immigration Tewfik Khedim, témoin des scènes dans les agences de Marseille, Lyon, Paris et Lille, écrit sur sa page Facebook que c'est « une anarchie totale ». Il affirme que cette situation est « une humiliation de la communauté et du pays ». Pour lui c'est également « un échec sans pareil dans la gestion du dossier du transport ». « Il n’est pas normal qu’après deux ans de fermeture et sept mois après la reprise des liaisons, le problème de la réservation à distance se pose toujours et les agences privées ne peuvent pas réserver les billets de voyage. Malgré cela, les responsables de cette situation sont toujours en poste et ne rendent pas de comptes », s’indigne Tewfik Khedim. Il ajoute que « le respect et la valorisation de la communauté ne se basent pas sur des slogans résonnants et complètement déconnectés de la réalité dans laquelle elle vit, mais plutôt en prenant en charge ses problèmes et en l’intégrant comme élément actif dans la construction d’une Algérie forte ».

Il faut dire que les Algériens à l'étranger attendent un geste fort des autorités. Ils ne peuvent se permettre d'acheter des billets à des prix exorbitants. Ces Algériens espèrent également que le nombre de vols, ainsi que des dessertes maritimes, soit revu à la hausse pour pouvoir rentrer au bercail.