Les alertes se suivent concernant une éventuelle crise alimentaire mondiale en raison du conflit en Ukraine. Après la Banque Mondiale et la FAO, qui ont alerté sur la hausse des prix des produits alimentaires et des énergies, c'est au tour de l'assureur Allianz Trade d'avertir des risques d'un choc alimentaire dans certains pays en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.

Ainsi, la situation de l'économie mondiale se complique de plus en plus en raison du conflit en Ukraine. Ce conflit a un impact très négatif sur les produits alimentaires, notamment les produits céréaliers. Dans une récente étude publiée en ce mois de juin, l’assureur Allianz Trade a tiré la sonnette d'alarme. Il affirme qu'avec la flambée des prix des produits alimentaires, ce conflit pourrait induire des tensions sociales. « Si nous ne nourrissons pas les peuples, nous nourrissons le conflit », affirme l'assureur dans son étude.

11 États risquent des conflits sociaux

« Le choc sur les prix alimentaires mondiaux représente une inquiétude particulièrement grande pour les pays qui sont importateurs nets d’aliments ou de certains aliments devenus rares en raison de la guerre en Ukraine, à l’instar des grains », affirme Allianz Trade dans son rapport.

Dans son étude, l'assureur met en exergue les pays concernés par ces risques de tension. Il s'agit de 11 États qui pourraient voir émerger des conflits sociaux dans les prochaines années en raison de la situation mondiale. Ainsi, l'Égypte, la Bosnie-Herzégovine, la Jordanie, l’Algérie, la Tunisie, le Liban, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines, la Turquie, le Sri Lanka sont les pays les plus exposés, selon cette étude.

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Le rapport indique également que d'autres pays importateurs nets de nourriture présentent un risque de conflits sociaux, mais moins élevé, comme la Roumanie, le Bahreïn, ou le Kazakhstan. Il faut dire que ce rapport rejoint celui de la FAO, qui a estimé que la flambée des prix des céréales et des engrais a contribué à aggraver les crises alimentaires, avec pour conséquence attendue en 2022 une hausse dramatique de la facture pour les pays importateurs, qui paieront « plus pour avoir moins ». Le Fonds monétaire international (FMI) a également alerté sur les risques de troubles sociaux en Afrique subsaharienne en raison de la flambée des prix des aliments.