Alors que les lois de finance complémentaires doivent être des exceptions, en Algérie, elles deviennent une règle depuis plusieurs années. D'autant que le contexte économique mondiale change à grande vitesse. Le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune, qui a présidé le 19 juin une réunion du Conseil des ministres, a donné ses instructions concernant la Loi de finance complémentaire 2022. Une loi qui devra corriger les orientations de la Loi de finance 2022.

Abdelmadjid Tebboune a instruit le gouvernement à revoir le contenu de la loi selon une vision réaliste et rationnelle qui préserve les grands équilibres financiers de l’État et tient compte de l’importance de pallier le manque de ressources sur la base des effets de la Loi de finance 2022. Dans cette LDFC, le gouvernement doit adopter une vision prévoyant un allègement des charges inhérentes aux mesures qu'il a déjà pris.

Donc, la Loi de finance complémentaire 2022 ne devrait pas inclure de nouveaux impôts, et n’affecte en rien les prix actuellement appliqués, afin de préserver le pouvoir d’achat et les acquis sociaux approuvés par l’État au profit des citoyens, selon le chef de l'État, qui a insisté sur le fait que les personnes à revenus faibles et moyens ne devraient pas être la catégorie de la population qui paie le plus d’impôts.

Il faut dire que depuis la signature de la Loi de finance 2022, plusieurs données ont changé. Il s'agit notamment du prix de référence du baril de pétrole brut, qui a été fixé à 45 dollars pour la période 2022-2024. Le conflit en Ukraine a bouleversé le marché pétrolier, tirant les prix vers le haut. Le taux d'inflation, estimé à 3,7 % en 2022 et 2023 et à 3,8 % en 2024 dans la LDF 2022, est également tiré vers le haut. Il a explosé en ce premier trimestre 2022 et continuera de grimper, selon les experts économiques. Le gouvernement doit donc prendre en considération ces changements pour la Loi de finance complémentaire pour assurer les équilibres budgétaires de l'État.