Un membre d’équipage de la compagnie Air Algérie, assurant la liaison entre Paris et Constantine, a été arrêté la semaine dernière par la police française à l’aéroport Paris-Orly en possession d’une quantité de cocaïne. Une affaire au relent d’un scandale d’État pour la compagnie, d’autant plus que l’enquête se poursuit toujours pour déterminer les personnes qui seraient impliquées.


Alors qu’il se présentait le 18 septembre devant la police des frontières (PAF) de l’aéroport Paris-Orly (LFPO) pour regagner son appareil après une courte sortie à l’extérieur de l’aéroport, un steward de la compagnie Air Algérie, opérant à bord du vol AH-1123 reliant la capitale française à Constantine fait l’objet d’un contrôle dans la zone réservée au personnel navigant.

200 g de cocaïne saisis chez un steward d’Air Algérie à l’aéroport d’Orly

Après deux alertes de scanner, cet individu a été arrêté par la police alors qu’il allait rejoindre la zone d’embarquement pour le vol retour vers Constantine. Selon Air Algérie, la fouille de ce membre d’équipage a abouti à la découverte d’une « substance prohibée ».

Par la suite, il s’est avéré que le membre d’équipage d’Air Algérie avait été en possession de cocaïne. Selon le journal Jeune Afrique, les éléments de la PAF française à l’aéroport Paris-Orly ont découvert sur le steward d’Air Algérie 200 grammes de cocaïne enveloppés dans de l’aluminium et scotchés sur ses cuisses.

Le steward arrêté est le fils d’un commandant de bord à Air Algérie

Selon la même source, ce steward, âgé de 29 ans et père de famille, n’est pas un habitué des vols internationaux. Basé à Constantine, il effectuait plutôt des liaisons domestiques. Il serait le fils d’un commandant de bord très respecté d’Air Algérie. Le 20 septembre, Air Algérie a pris les devants en annonçant dans un communiqué que le prévenu fait l’objet d’une suspension de vol et de relation de travail, et l’entreprise se réserve le droit de se porter partie civile.

Air Algérie durcit les règlements avec son personnel navigant

Air Algérie a fait parvenir plusieurs rapports au ministère des Transports. Une enquête pourrait être ouverte en Algérie afin de déterminer si l’homme a agi seul, ou s’il fait partie d’un réseau international. D’autre part, la compagnie a décidé de durcir les règles pour son personnel navigant.

Désormais, les employés d’Air Algérie ne sont plus autorisés à descendre de l’avion lors des escales à l’étranger. Jusque-là, les employés d’Air Algérie étaient autorisés à sortir effectuer des petits achats en pharmacie ou au Duty Free. Ils pouvaient même sortir de l’aéroport pour récupérer des colis ou du courrier.

« Tout le personnel navigant est soumis à des contrôles renforcés », explique un commandant de bord de la compagnie Air Algérie sur les colonnes de Jeune Afrique. « Quand on transporte des médicaments comme des antidépresseurs ou des anxiolytiques, policiers et douaniers exigent des ordonnances afin justement de prévenir les trafics », ajoute-t-il sous couvert de l’anonymat.