L’édition 2021 du Prix de la meilleure baguette de Paris a été remportée par un boulanger tunisien. Makram Akrout. Cet ancien sans-papiers de 42 ans est sacré le 26 septembre meilleur boulanger de la ville de Paris à l’issue d’un concours qui a réuni 120 participants.


Makram Akrout, arrivé sans-papiers de Tunisie il y a 19 ans et boulanger de père en fils, a remporté le prix de la meilleure baguette de Paris 2021. « C’est une grande fierté », commente le lauréat, dont la boulangerie est installée dans le 12e arrondissement de la capitale.

En plus d’un coup de projecteur médiatique, Makram Akrout remporte un chèque de 4000 euros et devient le fournisseur du Palais de l’Élysée en baguettes de pain pendant 1 an.

Malheureusement, depuis l’annonce de son sacre, beaucoup de choses se sont passées. Selon Le Parisien le pain du palais de l’Élysée ne sera pas livré par le lauréat du concours de la « Meilleure baguette de Paris ».

L’Élysée n'a pas choisi Makram Akrout comme livreur officiel de pain

Selon la même source, Makram Akrout est soupçonné d’avoir partagé des messages islamistes sur les réseaux sociaux. « L’Élysée n’a pas pris contact avec ce monsieur », explique-t-on, du côté de l’Élysée.

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Ainsi donc, Makram Akrout est passé en quelques jours des lumières de la gloire aux ombres de la polémique. Son parcours, pourtant, avait de quoi faire rêver : d’origine tunisienne, Makram Akrout était arrivé clandestinement en France, avant d’obtenir des papiers et de se lancer dans la boulangerie.

Le gagnant de la « Meilleure baguette de Paris » soupçonné de partager des messages islamistes sur les réseaux sociaux

Dans la foulée de l’annonce de sa victoire, plusieurs messages postés par le boulanger sur ses réseaux sociaux ont été exhumés par les internautes. Sur son profil Facebook, on trouve, en effet, multitude de messages anti-France, et aux forts accents islamistes.

« Nous avons pleuré pour Charlie Hebdo et pour Notre-Dame, mais du côté de la France, ils ne pleurent pas ces chiens lorsqu’on se moque du maître de la création, Allah » ; « La France encourage et propage la décadence dans nos pays pour protéger ses intérêts colonialistes et nous pousse à nous éloigner de la religion et des valeurs islamiques » aurait-il posté sur son compte Facebook.

Des propos qui ont largement suffi à décourager l’Élysée de faire affaire avec le boulanger, qui précise également que « ce n’est pas automatique que le lauréat de la meilleure baguette de Paris livre le palais », indique la même source.

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Anéanti, Makram Akrout n’est pas allé chercher son prix

« Comme bien des internautes, il a pu partager dans le passé des contenus publiés sur les réseaux sociaux sans en saisir toute la teneur », affirme Sylvia Lasfargeas, l’avocate de Makram Akrout, à l’AFP.

Et affirmait au contraire « l’attachement » du boulanger « à la France et son adhésion à tous ses principes fondamentaux de liberté, égalité et fraternité ».

Makram Akrout, « détruit par cette histoire et ce déferlement de messages de haine qui s’abattent sur lui », ajoute l’avocate, il n’est pas venu chercher son prix, lors de la Fête du pain, sur le parvis de Notre-Dame. Il s’est fait représenter par son meunier.