L'idée proposée au débat par le président de la Fédération internationale de football (FIFA) Gianni Infantino, sur l'organisation d'une Coupe du Monde tous les deux ans, fait son chemin avec des Européens et des Sud-américains réfractaires, mais des Africains, des Asiatiques et des Nord-américains favorables.

En Afrique, l'idée séduit les fédérations membres de la Confédération africaine de football (CAF), qui voit une Coupe du Monde tous les deux ans comme une opportunité, notamment pour ses infrastructures et pour leurs équipes appelées à jouer plus souvent.

« On va en discuter et analyser ça […]. Il n’y a pas besoin d’être Einstein pour savoir que si vous passez à une Coupe du Monde tous les deux ans, vous allez doubler les revenus. Mais il faudra d'abord voir si cela fait sens d'un point de vue sportif », a estimé Gianni Infantino lors du 71e Congrès de la FIFA tenu en mai 2021.

Pour les dirigeants du football africain, le choix est vite fait. Y compris du côté de la Fédération algérienne de football (FAF). Selon un membre de l'instance footballistique algérienne, qui s'est confié à Jeune Afrique sous couvert d'anonymat, l'Algérie est favorable à ce projet, qui coincide avec l'autre projet de la FIFA portant le nombre de sélections qualifiées à 48.

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« Il y a eu des réunions et la FAF est évidemment favorable à ce projet. Nous sommes pragmatiques et nous pensons d’abord aux intérêts de notre sélection. Une Coupe du monde tous les deux ans, ce serait tout bénéfice pour nous et d'autres fédérations », a assené la même source. Sur les mêmes colonnes, l'ancienne gloire du football algérien Rabah Madjer s'est également montré favorable à l'idée d'une Coupe du Monde de la FIFA tous les deux ans.

Une Coupe du Monde tous les deux ans ; est-ce réalisable ?

Comment faire pour insérer une telle compétition et sa phase qualificative dans un calendrier déjà très rempli ? Cette interrogation de Madjer est complexe, mais elle trouve des réponses chez des dirigeants du continent africain. « Il faut vivre avec son temps et ouvrir la discussion. On peut envisager de modifier le calendrier en organisant des compétitions où tout le monde se retrouve. Tout est question d’harmonisation », pense le président de la Fédération sénégalaise Augustin Senghor.

« Il faut essayer de nouvelles choses, rompre avec le conservatisme. Ce projet permettrait également de générer de nouveaux revenus, et beaucoup de fédérations africaines ont besoin d’argent. On peut adapter le calendrier, c’est loin d’être insurmontable », renchérit Mathurin de Chacus, le président de la Fédération béninoise de football dont la sélection n'a jamais participé à une phase finale de Coupe du Monde.

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L'on trouve le même enthousiasme chez les Marocains. Le président de la Fédération marocaine de football, Fouzi Lekjaa, pense que ce nouveau projet donnerait davantage d’opportunités aux équipes africaines de progresser en affrontant les meilleures sélections du monde, et permettrait à leurs joueurs les plus talentueux de briller. « Nous devons faire de la Coupe du monde une compétition plus inclusive, plus démocratique en donnant l’occasion aux nations les moins développées d'y participer », a-t-il défendu.