Le phénomène de consommation de drogue prend de l’ampleur en Algérie. Aucune catégorie sociale n’est épargnée par ce fléau mondial, en témoigne le nombre de plus en plus croissant des consommateurs chez les jeunes, dont les étudiants. Ces derniers, en dépit de leur statut social, ne semblent pas y échapper, indiquent les chiffres d’une récente étude.    

Selon les spécialistes, l'Algérie est passée ces dernières années du statut de pays transitaire de drogue à celui de consommateur, au vu du nombre important de personnes qui s’adonnent à la drogue. Le phénomène, qui prend des proportions alarmantes, touche pratiquement toutes les catégories sociales en particulier chez les jeunes.

Dans une étude présentée par le Dr Sofiane Zeggane, publiée ce samedi 18 décembre dans le quotidien Liberté, 36 % des patients reçus au niveau du centre de prise en charge des addictions (CERTA), relevant du CHU de Tizi-Ouzou, sont des jeunes âgés de 20 à 24 ans, alors que 28 % sont âgés de 30 à 34 ans. L’étude menée sur une période de trois mois, du 23 avril au 22 juillet dernier, a pris pour échantillon 107 patients issus des différentes régions du pays.

Drogue : 10 % des patients reçus pour des soins de désintoxication sont des étudiants

L’analyse des données a révélé que 94,34 % des patients reçus pour de soins de désintoxication sont des hommes contre 5,6 % pour les femmes, alors que 7 % des patients sont âgés de 15 à 19 ans. En termes de niveau d’études, les jeunes de niveau moyen sont présents avec un taux de 50,47 %, ils sont les plus touchés par l’addiction à la drogue, suivis par ceux de niveau secondaire avec 32,75 %, puis de ceux de niveau universitaire avec 10 %. Ces chiffres donnent froid dans le dos, sachant que cette dernière catégorie devait plutôt être épargnée par le phénomène, au vu de son statut social.

Le chiffre de 10 % ne représente en fait qu’une partie infime des étudiants qui s'adonnent à la drogue, d’autant plus que ce chiffre concerne le nombre de patients qui se présentent au niveau des centres de désintoxication parmi les consommateurs de drogue. Le taux réel des étudiants qui consomment la drogue serait donc très loin du chiffre révélé par l’étude en question.