Algérie-France : Fin de la période de tensions ?

Les relations diplomatiques entre l'Algérie et la France n'ont jamais été un long fleuve tranquille. Elles connaissent des périodes de réchauffement et de froid selon les conjonctures politiques internes de chaque pays. Actuellement, ces relations subissent les retombées de la campagne électorale française, marquée par des discours extrémistes qui remettent en cause ces relations.

Cependant, ces dernières semaines, plusieurs initiatives vont dans le sens du réchauffement, après plusieurs semaines de tensions. La dernière en date est l'appel téléphonique du président français Emmanuel Macron au chef de l'État algérien Abdelmadjid Tebboune. Un appel présenté comme un signe d'apaisement entre les deux pays.

En effet, après 6 mois de silence radio, Macron a appelé Tebboune et ce dernier a décroché. Au-delà du contenu de l'appel, il est révélateur sur le plan symbolique. Il sonne le glas d'une rupture entre les deux hommes. L'entretien s'est axé essentiellement sur les « relations bilatérales ». Plus précisément, le document a évoqué la tenue « en perspective » du « haut comité sectoriel intergouvernemental », gelé depuis de longs mois à cause des frictions entre les deux pays.

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Dans cet appel, la Présidence a indiqué que le président français, qui assure désormais la présidence de l'Union européenne, a lancé une invitation à son homologue algérien afin d'assister au sommet entre l'Union européenne et l'Union africaine, qui se tiendra en février prochain à Bruxelles.

Ainsi, nous pourrons dire que les 2 mois de tension sont derrière nous. Les deux pays se retrouvent devant l'obligation d'une approche pragmatique et un esprit de détente. Ils font face à des enjeux géostratégiques qui leur imposent de travailler ensemble et de dépasser les guéguerres.

Campagne électorale peu favorable au réchauffement des relations franco-algériennes

Cependant, cet appel d'Emmanuel Macron intervient après son appel à la reconnaissance de ce qu'il a qualifié de « massacre d'Oran le 5 juillet 1962 », un appel qui peut être interprété par Alger comme une nouvelle provocation, surtout en sachant que cet appel est une revendication, notamment de l'extrême droite française. Le président français veut ainsi éviter toute nouvelle polémique.

Il faut dire également qu'il ne faut pas crier victoire sur le sort des relations entre les deux pays. La conjoncture politique en France est plutôt favorable à de nouveaux couacs. Les candidats surenchérissent sur la question de la mémoire et imposent à Emmanuel Macron de faire des gestes qui peuvent une nouvelle fois refroidir les ardeurs des observateurs.

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L'instrumentalisation de l'islam, de l'immigration, de la question de la mémoire entre les deux pays dans le débat franco-français a souvent eu des répercussions sur les relations bilatérales avec l'Algérie.


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