L'affaire du pilote d'Air France, suspendu pour soupçons de radicalisation, vient de connaître un dénouement. La justice française a tranché ce jeudi 24 février et a décidé de réhabiliter le pilote en exigeant à la Préfecture de police de paris de lui délivrer une habilitation provisoire lui permettant d'accéder aux zones à accès réglementé des aérodromes.

Ce pilote d'Air France, d'origine algérienne, né en France, a réussi à gravir les échelons dans sa carrière en passant de stagiaire personnel navigant commercial (PNC) chez Air France à officier pilote de ligne chez Air Algérie. En 2018, il rejoint la filiale Hop d'Air France. Le 5 octobre 2021, il a réussi la sélection pour intégrer la maison-mère Air France.

Soupçonné de radicalisation, un pilote d'Air France suspendu

Mais à son grand désespoir, la compagnie Air France a décidé de le suspendre pour des soupçons de liens avec les milieux islamistes radicaux. Dans un arrêté du 15 octobre 2021, la préfecture de police de Paris et celle de Loire-Atlantique, où se situe le siège social de Hop, ont décidé de lui retirer son habilitation d'entrée aux zones de sûreté à accès réglementé des aéroports pour des soupçons de radicalisation.

Selon l'arrêté de la préfecture, le pilote est accusé d'être proche d'un ancien collègue d'Air Algérie « connu pour sa pratique rigoriste de l'islam ». Il est également accusé d'entretenir des relations avec des individus connus comme appartenant ou étant proches de la mouvance islamiste radicale.

Le pilote a décidé de porter l'affaire devant la justice pour contester ces accusations. Il a saisi en référé le tribunal administratif de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, pour obtenir « la suspension de cette décision préfectorale ». La bataille du pilote a fini par porter ses fruits, puisque la justice a fini par le réhabiliter.

La justice a tranché en faveur du pilote d'Air France

En effet, dans une décision rendue ce jeudi 24 février 2022, le tribunal administration de Montreuil, a rétorqué l'arrêté de la préfecture de police de Paris de retirer l'habilitation du pilote pour soupçon de radicalisation. Le tribunal a également exigé à la Préfecture de lui « délivrer une habilitation provisoire lui permettant d'accéder aux zones de sûreté aux accès réglementés », rapporte le site Actu.fr.

Dans cette affaire,  le tribunal a estimé que les faits reprochés au pilote étaient « imprécis et non circonstanciés », selon le jugement qui s'est basé sur de nombreux témoignages de l'ancien pilote d'Air Algérie. Ce dernier « a produit de nombreux témoignages de commandants de bord-pilotes de ligne de la compagnie Hop et de personnels navigants féminins et masculins ayant effectué des vols en équipage avec lui attestant d'une vie professionnelle et sociale non affectée par sa pratique religieuse », selon le tribunal administratif.