La question de l'ouverture de secteur du transport aérien et maritime aux investisseurs privés en Algérie est devenue une véritable arlésienne. Depuis plus de 2 ans, les pouvoirs publics ne cessent d'évoquer la question sans pour autant parvenir à sa concrétisation.

Tout le monde le dit et le reconnaît. L'ouverture du marché du transport aérien et maritime est devenue une nécessité en Algérie. La fin du monopole de l'État sur le secteur à travers ses compagnies publiques et l'ouverture du secteur aux investisseurs privés sont devenus des nécessités pour susciter une vraie concurrence et offrir aux clients un meilleur choix en termes de qualité et de prix.

En août 2020, le chef de l'État Abdelmadjid Tebboune avait appelé pour la première fois les opérateurs économiques à créer des entreprises de transport aérien et maritime de passagers ainsi que des entreprises de transport de marchandises avec les pays voisins. Le chef de l'État a révélé  à ce propos que le coût du transport de marchandises en Algérie s'élevait à 12,5 milliards de dollars par année.

Depuis, tous les responsables du secteur du transport en Algérie ne cessent d'évoquer l'impératif de la libération de cette activité et son ouverture au secteur privé national. Pour de nombreux observateurs, l'ouverture du transport aérien et maritime à l'investissement privé est la seule issue afin d'asseoir une véritable concurrence et mettre ainsi fin au monopole des deux compagnies publics à savoir Air Algérie pour l'aérien et Algérie-Ferries pour le maritime.

15 dossiers pour le transport aérien et 9 autres pour le transport maritime validés

De nombreux investisseurs privés ont affiché leur engouement pour lancer des projets dans le transport aérien et maritime, en déposant leurs dossiers au niveau du ministère des Transports. D'ailleurs, dans une interview accordée ce lundi 28 février à la Radio algérienne, le ministre des Transports Aissa Bekkai a évoqué la question relative à l'investissement privé dans le secteur aérien et maritime.

L'invité de la radio a révélé que le gouvernement a validé 24 dossiers d'investissement privé dans le secteur du transport des personnes et de marchandises, avec 15 dossiers pour le transport aérien et 9 autres pour le transport maritime.

« La balle est désormais dans le camp de ces investisseurs privés, surtout avec les nombreuses facilités qui leur sont accordées dans le cadre de la loi », affirme le ministre. Questionné sur le risque de voir l'affaire Khalifa se reproduire à nouveau en Algérie dans le secteur du transport aérien privé, le représentant du gouvernement a répondu que « le ministère des Transports veillera sur les conditions de l'exercice du transport aérien et maritime privé selon les lois en vigueur ».