L'économie mondiale va mal. Après deux ans de crise sanitaire, le conflit en Ukraine impacte durement et durablement cette économie déjà fragilisée. La croissance est en berne et l'inflation a explosé. C'est dans ce contexte que la Banque mondiale a mis en garde contre une possible récession mondiale.

Le ralentissement le plus marqué depuis la Deuxième Guerre mondiale

Ainsi, pour le président de la Banque mondiale, David Malpass, « la récession sera difficile à éviter [pour de nombreux pays] ». « Il s'agit du ralentissement le plus marqué depuis 80 ans », affirme le responsable de l'institution financière. Dans le contexte économique actuel, le risque de stagflation et de récession mondiale est croissant.

La guerre en Ukraine, les blocages en Chine, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et le risque de stagflation pèsent sur la croissance. Pour de nombreux pays, la récession sera difficile à éviter, indique David Malpass, qui explique que « les marchés sont tournés vers l'avenir, il est donc urgent d'encourager la production et d'éviter les restrictions commerciales. Des changements dans la politique fiscale, monétaire, climatique et de la dette sont nécessaires pour contrer la mauvaise allocation des capitaux et les inégalités ».

Dans son intervention pour le site Bloomberg, David Malpass ne tire pas encore la sonnette d'alarme, en affirmant que nous ne sommes pas encore dans une récession mondiale. Cependant, il avertit que « le risque de baisse est qu'il pourrait s'agir d'une récession mondiale ». Il souligne que « l'une des variables clés est de savoir si l'offre revient en ligne afin d'ajouter de la croissance et de ralentir le taux d'inflation ».

Le président de la Banque mondiale va plus loin dans son analyse, en affirmant que l'économie mondiale connaît le plus fort ralentissement depuis 80 ans, soit depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il indique que « cela va du taux de 2021 qui était élevé en raison de la reprise post-covid à ce que nous voyons maintenant, 2,9 %, en 2022 », en ajoutant que « c'est un très fort ralentissement et cela frappe durement les pays les plus pauvres ».

La Banque Mondiale pessimiste

La Banque mondiale a confirmé la mauvaise santé de l'économie dans un rapport publié le 7 juin . « La croissance mondiale devrait s'effondrer, passant de 5,7 % en 2021 à 2,9 % en 2022, soit nettement moins que les 4,1 % prévus en janvier », affirme l'institution, qui a également mis en garde contre la stagflation, déclarant que le danger de stagflation est considérable. En outre, l'inflation et la faible croissance peuvent persister pendant des années, a noté la Banque mondiale.

Réagissant au rapport de son institution, David Malpass a souligné que le phénomène est mondial, mais il touche particulièrement les pays en développement. « Il y a beaucoup d'inégalités dans le monde, de sorte que les économies avancées et en particulier les personnes au sommet de ces économies ont très bien réussi au cours de la dernière décennie », a-t-il souligné, précisant que « la raison pour laquelle il s'agit d'un risque prolongé pour le monde est que nous sortons d'une période de taux d'intérêt exceptionnellement bas. L'année dernière, j'ai dit que nous étions en territoire inconnu, tant pour la politique budgétaire que pour la politique monétaire ».