L'inflation mondiale va connaitre une hausse conséquente en 2022, selon les experts en économie. En 2021, l'indice vedette français CAC 40 a grimpé d’environ 25 %, le Dax allemand de plus de 13 % et le FTSE britannique de plus de 12 %. La montée des prix est à son apogée depuis 39 ans aux États-Unis (+6,8 % en novembre, à comparer à +4,9 % en zone euro). Et elle devrait perdurer une bonne partie de 2022.

Ainsi, « l'évolution de l’inflation, qui devrait continuer à surprendre à la hausse et la réaction des banques centrales face à ce phénomène seront les thèmes centraux pour les marchés et la préoccupation principale des investisseurs », prévoit AllianzGI, n'excluant pas « une zone de turbulence » au premier semestre.

Les investisseurs devront faire face à la réduction du soutien monétaire des banques centrale au premier trimestre. En effet, ces investisseurs qui ont bénéficié depuis près de 2 ans d'un environnement débordant d’argent disponible à des taux très bas, devront dans un laps de temps très court s’adapter à l’arrivée d’un resserrement monétaire plus rapide que prévu.

À l'origine de cette inflation, on retrouve la reprise de l'activité mondiale. « La reprise brutale du transport maritime a entraîné un manque de bateaux et une augmentation des coûts », explique l’économiste Alain Trannoy, enseignant-chercheur à l’école d’Économie d’Aix-Marseille.

Il est plus cher de transporter ses aliments sur la mer, mais aussi dans les airs et aussi sur la route. D’autant que « le coût du transport est indexé sur le prix du pétrole, lui aussi en hausse », souligne-t-il. Il ajoute que « les mauvaises récoltes vont certainement se multiplier dans les trente prochaines années à cause du réchauffement climatique, et il faut certainement s’attendre à une inflation durable dans l’alimentation ».

Quel impact de l'inflation mondiale sur l'Algérie ?

Dépendante des marchés mondiaux en ce qui concerne les produits de premières nécessité, l’Algérie va subir de plein fouet cette inflation mondiale. Plusieurs facteurs combinés présagent que cette inflation impactera les Algériens.

Le pouvoir d'achat des Algériens va encore reculer. Ainsi, en plus de la dépréciation du dinar algérien, la hausse des prix des produits de consommation sur les marchés mondiaux vont étreindre notamment les petites bourses. Les Algériens, qui font face à crise économique sévère, vont voir leurs revenus insuffisants pour boucler les fins du mois.

En effet, la hausse des prix sur les marchés mondiaux sera très perceptible en Algérie. Elle causera une augmentation significative, notamment au premier semestre 2022. Cette hausse des prix, combinée à la dépréciation du dinar algérien, pèsera très lourd sur les bourses des Algériens.

Il faut dire que la vie d'un Algérien est de plus en plus dure. Les salaires de la classe moyenne sont loin de répondre aux besoins des familles. Déjà, en 2017, une étude de la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA/Snapap) avait conclu qu'une famille algérienne de 5 personnes avait besoin de pas moins de 73 000 dinars par mois.

En 2020 Nabil Ferguenis, membre du Snapap, a estimé qu'« il faut au bas mot un revenu global de 80 000 à 90 000 dinars minimum pour qu’un couple, avec 3 enfants, arrive à bien se nourrir et habiller les enfants et leur assurer une prise en charge correcte ».