Crispation, bouderie et reprise : ce sont les étapes d'un cycle devenu naturel des relations diplomatiques entre l’Algérie et la France. Ces relations en dents de scie connaissent une nouvelle fois une fin heureuse après 3 mois de crise. Dans un communiqué laconique, la présidence de la République algérienne a annoncé la reprise des fonctions de l'ambassadeur d'Algérie en France. Un signe d'apaisement pour certains observateurs. Cependant, malgré l'importance de ce pas, qui arrive après une visite du ministre français des Affaires étrangères en Algérie en décembre dernier, les points de désaccords entre les deux pays sont nombreux.

Les relations entre l’Algérie et la France sont caractérisées par des périodes de réchauffement et de froid. Malgré les déclarations de bonne foi qui émanent des deux côtés, ces relations font souvent face à des différends de taille, notamment sur les questions de la mémoire, de l'immigration et des relations économiques.

En effet, les visions sur la Guerre d’Algérie ont de tout temps été au centre du débat entre l’Algérie et la France. Cette question, qui alimente les polémiques, n'a pas encore été tranchée par des décisions qui conviennent aux deux pays, malgré les pas faits par la France dans le sens de la reconnaissance de ses crimes pendant 132 ans de colonisation.

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L'autre point de divergence entre les deux pays est l'immigration clandestine. Pour cette question, la France accuse l’Algérie de ne pas coopérer pour reprendre les sans-papiers algériens arrivés en France. Une situation qui a amené les autorités françaises à réduire drastiquement le nombre de visas délivrés aux Algériens, ce qui n'a pas été du goût d'Alger.

Il faut ajouter à cela les derniers choix de l’Algérie sur le plan économique. En effet, pour les importations de blé, l’Algérie s'est tournée vers d'autres fournisseurs, faisant perdre à la France sa position de monopole.

Ainsi donc, on pourra dire que malgré les derniers gestes entre les deux pays, le chemin vers le rétablissement de relations apaisées reste long. Un chemin semé d'obstacles, surtout dans cette période préélectorale où l’Algérie est au centre des débats. Des débats menés par l’extrême droite et la droite françaises qui affichent leur hostilité à l’Algérie par des déclarations populistes. Des déclarations qui poussent d'ailleurs les autres candidats à s'aligner pour ne pas perdre des électeurs. Il n'est donc pas à écarter qu'il y ait de nouvelles déclarations qui feront réagir les autorités algériennes.