L'Algérie ne décolère pas depuis que le gouvernement espagnol a décidé de soutenir le plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental. Face à ce qu'elle considère comme une « trahison » de la part de Madrid pour la cause sahraouie, Alger a décidé d'une série de représailles contre l'Espagne, notamment sur le plan économique.

Après avoir rappelé mi-mars son ambassadeur à Madrid pour protester contre le changement de position du gouvernement espagnol vis-à-vis de la question du Sahara occidental, l'Algérie a décidé de prendre d'autres sanctions à l'égard de l'Espagne, à commencer par la fermeture du marché algérien aux bestiaux importés d'Espagne. Une décision qui a causé aux éleveurs espagnols des pertes en millions d'euros.

Dans le même sillage, les autorités algériennes ont décidé de renégocier les prix du gaz acheminé vers l'Espagne. Le gouvernement espagnol a d'ailleurs pris acte de la décision des autorités algériennes en reconnaissant, le 7 avril dernier par voix de la 3e vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera, que « les négociations sur la question sont déjà entamées entre le groupe algérien Sonatrach et la société espagnole Naturgy ».

L'Algérie aurait réduit de 25 % la quantité de gaz livrée à l'Espagne

Décidée à ne pas lâcher son partenaire historique en matière d'énergie, l'Algérie aurait même décidé de revoir à la baisse la quantité de gaz livrée à l'Espagne. En effet, selon la presse espagnole, citée le vendredi 6 mai par RFI, l'Algérie a diminué la semaine dernière de près d'un quart la quantité de gaz qu'elle livre à l'Espagne.

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L'Algérie a donc réduit d'environ 25 % la quantité de gaz naturel acheminé vers l'Espagne au dernier épisode via le gazoduc Medgaz, selon la même source. Le niveau actuel de livraison est le plus bas depuis le début de l'année, précise-t-on.

Cette décision de réduire la quantité de gaz à l'Espagne intervient au moment où les autorités algériennes avaient mis en garde Madrid en lui signifiant qu'elles rompraient le contrat de fourniture de gaz à l'Espagne si cette dernière venait à l'acheminer « vers une destination tierce », selon les termes du communiqué du ministère algérien de l'Énergie publié le 27 avril dernier. Alger, qui n'a pas précisé le nom du pays qui bénéficierait de ce fonctionnement en « flux inverse » du Gazoduc Maghreb Europe (GME), fait bien entendu allusion au Maroc.

L'Algérie menace à nouveau de couper le gaz à l'Espagne

Cette menace d'Alger est intervenue en réponse Madrid qui avait informé les autorités algériennes qu'elle allait livrer du gaz au Maroc via le GME en « flux inverse ». Du gaz « qui ne proviendrait pas de l'Algérie », ont tenu à préciser les autorités espagnoles. Une affirmation qui ne semble pas convaincre Alger, qui maintient toujours sa menace de couper le gaz à l'Espagne dans le cas où cette dernière viendrait  à « un manquement aux engagements contractuels » avec l'Algérie.

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En effet, l'ambassadeur d'Algérie en Italie Abdellkrim Touahria a affirmé, dans un entretien accordé vendredi 6 mai à l'agence de presse italienne Nova, que les autorités algériennes « cesseraient d'approvisionner l'Espagne en gaz naturel si celle-ci ne respecte pas les accords signés » entre les deux pays. « Si l'Espagne décide de revendre le gaz importé à l'Algérie vers d'autres pays, l'Algérie sera contrainte de ne pas respecter ses engagements, car Madrid sera dans ce cas précis la première à les violer », a-t-il fait savoir.